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Florent Mazel
Leur première rencontre se fit autour d'une table ronde
avec des éditeurs de musique lors de la semaine de création au
conservatoire en Janvier 2010. Paule Lucien Guérinel Je suis né en 1930, à Grasse, cette petite ville de l’intérieur d’où l’on voit la mer, et où l’on sent bien qu’elle distille des essences de parfum. Mais, à deux ans, j’étais déjà de l’autre côté de la Méditerranée. C’est à Bizerte que j’ai découvert la musique, avec mes parents puis avec des Russes qui étaient venus s’y échouer en 1917. Ces Russes qui m’ont laissé la marque de leur dignité en passant de l’aristocratie à la misère, et celle de leur musique… Bien plus tard, Paris, où j’ai passé sept années aussi difficiles qu’inoubliables, de 1954 à 1960. L’air de Paris est porteur et cette ville aura été mon printemps. Si je vois, ici ou là, qu’elle a perdu de ses inflorescences, qu’on y décèle même de surprenants affaissements, il faut bien reconnaître que tout est relatif… Une rumeur de ville que rien, malgré des assauts répétés, n’a encore pu réduire au silence : cet appel à veiller, ce pouvoir de surprendre nos abandons. Paris est un chant de vie. En tout cas, les hommes que j’y ai rencontrés m’ont enrichi. De cette richesse qui vous laisse sans fortune mais qu’on entend bien ne pas se laisser arracher. André Jouve, Louis Saguer, sont de ceux-là, révélateurs dont j’espère avoir retenu quelque chose. Je raconte, un peu, pour faire CV quand même. Mais je ne le jalonne de rien : ni médailles ni titres. Un « second prix » toutefois pour mon 2d Quatuor à cordes, à Paris, au « Concours pour le Quatuor à cordes » de la Fondation Philip Morris en 1983 et deux fois « finaliste » d’un autre concours pour le piano, « Les rendez-vous du piano en Creuse » dont le président de jury était Gilbert Amy, en 1990 et 1994. Il est vrai que j’ai exercé, hors de la composition, une profession qui a eu l’avantage de me faire vivre. mais dont j’ai pris soin qu’elle ne déséquilibre pas trop mon temps personnel. Il est vrai que j’ai vécu plus de cinquante ans à Marseille, pour aller ensuite dans la campagne bourguignonne, pas précisément dans l’axe d’un pays. Mais je me demande toujours si ce sont là des explications à tout. Ecrire de la musique – j’ai eu le temps d’y réfléchir – est sans doute mon acte de résistance dans la vie. Une sorte de témérité, une folie si l’on veut. Mais n’est-ce pas l’endroit inattendu – cette folie – où l’on a une petite chance d’être entendu ?
Le DUO# FLAM C’est surtout 20 ans de passion commune pour l’expérimentation, l’improvisation, l’innovation pédagogique, la création. 20 ans à échanger, confronter, bâtir développer un univers musical exigeant, complexe, riche, varié et inclassable, qui s’est enrichi au fur et à mesure de leur parcours, des rencontres et des expériencessss Que ce soit en passant par le CNSMD de Lyon, le département SONVS, la collaboration avec Jacques DiDonato et la fabuleuse aventure du festival Fruits de Mhère, ou encore le collectif 9dN (alchimie instable d’instrumentistes, improvisateurs, compositeurs), ou bien aujourd’hui le collectif d’improvisateurs « Les Illusiques ». Que ce soit aussi grâce à tous les échanges avec les compositeurs croisés lors de créations, les graphistes, comédiens, danseurs, créateurs de tous poils. Clarinettiste, bassoniste, multi-instrumentistes, bricoleurs de sons, expérimentateurs, improvisateurs, musiciens de terrain, ils sont aujourd’hui tous les deux professeurs au conservatoire de Villefranche sur Saône où Agnès Moyencourt a en charge la classe de création par les nouvelles technologies et Laurent Fléchier celle de clarinette, les ateliers de musiques improvisées, et y conduit des actions collectives autour de la création.
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