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Samedi 7 mai 2011

 
 



 
 
 


 

 

 

"Clo, Benj et les Arbres" : Ce fut une soirée féerique !

 

En présence de ce spectacle, je me suis retrouvée petite fille médusée par la métamorphose. Métamorphose auditive et visuelle, comme si un seul clignement de paupière faisait apparaître un monde nouveau !
 
Munie d'une craie, d'un feutre, d'un crayon, d'un morceau de fusain, d'un pinceau ou bien simplement de ses doigts, la main de Benjamin, faisant parfois trempette dans de l'eau, des encres, des couleurs ou autres liquides, se fait :
tantôt souris légère traversant, dans une course poursuite, la feuille de papier en prenant soin d'y déposer quelques traces, tantôt papillon voletant ou butinant le grain du papier dessin, tantôt caresse lascive frôlant le feuillet et laissant ses empreintes harmonieuses, tantôt plume tourbillonnant au-dessus du renouveau du tableau, et créant ainsi, sous notre regard émerveillé, au rythme de la baguette de sa "fée clochette" : Les paysages, fresques et images en accord parfait avec l'écrit de Giono.
La fée Clothilde, et non clochette, irradie les mots de sa voix envoûtante, rythme les sons, essaime les notes au vent. Aidée d'un sampler, elle compose une partition de différents effets sonores (chants, frottements de cailloux, onomatopées, sanza, battements de micro...) faisant naître des réverbérations mélodiques et nous lit, par intermittence, " L'homme qui plantait des arbres". Elle ensorcelle nos oreilles.
Grâce à la caméra reliée au vidéo-projecteur, le grand écran retranscrit les illustrations sous nos yeux ébahis, et le vieux prend vie : "Je l'ai vu planter ses glands au nombre de cent !"
Et nous spectateurs, restons fascinés, par la magie et la douce et belle complicité des artistes faisant exister ce texte de Jean Giono, qui déjà à lui tout seul, est un petit bijou, mais présenté dans un tel écrin, cela devient divin !

Muriel Petit Brasier

 

 

 

 

 

 

Clo, Benj et les Arbres

d'après Jean Giono

Quand Clotilde Durieux lit et chante sur les dessins de Benjamin Flao et que Guillaume Daunias filme le tout, cela donne un spectacle où rivalisent intelligence, esthétique et juste mesure.
Epure du trait miraculeusement simplissime de Benjamin, dont la main volette à l'écran, recréant collines et chemins de la Provence de Giono. Avec encres de couleur et pinceau tendre, les ocres et terre de Sienne coulent et s'insinuent dans les branches des arbres aux feuilles bleues, qu'il invente d'un trait, stupéfiant de justesse. Humilité de Guillaume, qui imprime des effets vidéo presque invisibles, très peu marqués, qui sophistiquent pourtant le tout de manière impalpable. Un vent qui souffle les herbes hautes, un glacis sur les traits au fusain, un fondu sur le paysage. Sur le côté, Clothilde lit avec mesure et charme, chante les sons d'une fée étrange, répète quelques notes de son sanza avec un sampler, s'offrant même le luxe de casser poésie par burlesque dans une scène où Benjamin fait rire le dessin... Une petite merveille.
Isabelle Nivet


 
     

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